Produits laitiers: montée de lait dans les négociations entre le Canada et les États-Unis

04 septembre 2018

L’impact des politiques agricoles sur le commerce.

 

Le 30 août dernier, les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis ont échoué à la onzième heure. L’une des grandes questions à la table de négociation était la façon dont les quotas laitiers de notre pays ont nui aux agriculteurs américains en limitant les importations de produits laitiers. L’ancien député conservateur, Maxime Bernier, a également démissionné le mois dernier, affirmant que la politique du parti en matière de gestion de l’offre était archaïque et ne cadrait pas avec ses principes de libre-échange. 

La gestion de l’offre, c’est un moyen de protéger une industrie à l’aide d’un système de production contrôlée et des tarifs élevés. Les défenseurs canadiens du système de gestion de l’offre affirment que le gouvernement américain fait preuve d’hypocrisie parce qu’ils distribuent également des milliards en subventions à leurs agriculteurs.

Qui a raison ? Earl Butz, secrétaire américain à l’Agriculture en 1974, a déclaré que « la nourriture est une arme » et qu’elle pourrait être utilisée de la même manière que l’OPEP utilisait le pétrole pour maintenir son pouvoir politique sur d’autres pays. Des pays comme les États-Unis, le Canada, l’Australie et la Russie peuvent utiliser l’abondance de leurs ressources agricoles pour menacer la sécurité alimentaire en limitant les exportations ou les importations. 

Au Vénézuéla, la dépendance accrue à l’égard des aliments importés s’est retournée contre le prix du pétrole. Le gouvernement vénézuélien a imposé un contrôle des prix et a retenu les dollars américains des importateurs.

De retour au Canada et aux États-Unis, la vérité est sans doute que trop de producteurs laitiers sont soutenus par leurs gouvernements respectifs. Au Québec, où l’industrie laitière est très forte et où des élections ont lieu en octobre 2018, les quatre chefs de partis ont rencontré l’UPA (organisation syndicale représentant les producteurs agricoles) pour exprimer leur soutien à la gestion de l’offre. 

Nous savons tous que les États-Unis constituent une grande puissance commerciale et que le Canada autorisera probablement les importations de produits laitiers américains tout en maintenant des quotas pour la production nationale. En tant que consommateurs, nous pourrions profiter de prix de fromage plus raisonnables, au risque cependant que certains petits producteurs canadiens ferment boutique. Nous nous demanderons alors « qui a piqué notre fromage ? »

 

Les points de vue exprimés dans cet article sont ceux de l’auteur uniquement. 

 

Lydia Cappelli, MBA

Commissaire à l’international

Export Trade Commissioner

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